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Le maquillage comme une baguette magique

Formée dans une école de cinéma, Yvette Haerrig veut faire profiter tout le monde de son savoir-faire.

Le maquillage comme une thérapie, telle est la vision qu'Yvette Haerrig, 53 ans, a du métier qu'elle exerce depuis 30 ans. Maquilleuse-coiffeuse formée dans une école de cinéma bruxelloise, elle se lance aujourd'hui à son compte, après trente ans de télé, dans cette volonté d'aider l'autre.

Son intérieur aux tons crème et éclairé des lumières de bougies, est à son image : sophistiqué et chaleureux, cosy et typé. Avec sa voix douce, son sourire rayonnant et son regard bienveillant, Yvette Haerrig met tout de suite à l'aise. Rien à voir avec un "pot de peinture" vulgaire. Son maquillage est discret, léger, néanmoins "sublimateur". "Le maquillage, c'est juste de la couleur, un travail en transparence. Tout le monde est beau, il suffit de déplacer le regard", affirme-t-elle.
De son book, elle sort des photos "d'avant-après". Impressionnant. De l'une à l'autre, les traits sont lissés, le regard rehaussé, le tout de manière si discrète qu'on n'a pas l'impression que la personne a été maquillée. "Il faut travailler tout le visage en correction, en sculpture, regarder où il faut accrocher la lumière et ce qu'il faut effacer. Mais tout ça, ça s'apprend".

En finir avec les complexes

Elle regrette d'ailleurs que les esthéticiennes ou les coiffeurs ne soient pas mieux formés en maquillage. "La couleur, c'est un travail de labo : toutes les peaux sont différentes, précise-t-elle. On n'est pas obligé de tout maquiller, mais ça, ça s'apprend en école de cinéma". Avec sa double casquette de coiffeuse et de maquilleuse, Yvette aime aider les gens à se sentir bien dans leur peau. Elle se souvient ainsi d'une jeune femme complexée par ses cernes au point de ne plus oser aller dîner dehors. "Le lendemain où je l'ai maquillée, elle m'a téléphoné pour me dire "maintenant, dans les vitrines, c'est moi que je regarde !", se rappelle Yvette. Mon entreprise, je l'ai appelée "Renaître", car c'est vraiment une nouvelle vie pour les gens qui ont un complexe".
Yvette s'attaque ainsi à des défauts esthétiques plus sérieux, comme l'acné, les cicatrices ou brûlures, les hématomes, les tâches de vin ou les vitiligo, par exemple. Elle est allée jusqu'à démarcher les pharmaciens pour proposer ses services : "Le maquilleur est le trait d'union entre le dermatologue et le pharmacien à qui l'on vend du maquillage qu'il ne sait pas utiliser, affirme Yvette. Alors qu'en deux heures de formation, il pourrait répondre aux questions de ses clients".

Dans la peau d'une autre

En passionnée, Yvette croit vraiment aux vertus thérapeutiques du maquillage : "Au fur et à mesure que l'on maquille, les gens s'ouvrent, comme s'ils entraient dans une sorte de personnage plus positif". Comme lorsqu'elle travaillait dans les loges avec les comédiens, Yvette a envie de recréer une ambiance intime avec ses clientes. Pour mieux les connaître, leur style, leurs envies, leurs goûts, elle préfère travailler à leur domicile. Idéal pour les jeunes mariées qui n'ont pas à courir à gauche à droite pour se faire belles le jour J. D'ailleurs, Yvette a été agréablement surprise de l'accueil qu'elle a reçu au dernier Salon du mariage : de mai à septembre, elle n'a plus un samedi de libre...
Barbara Romero

© Dernières Nouvelles D'alsace, Jeudi 03 Février 2005. - Tous droits de reproduction réservés